laboratoire méditerranéen de SOCIOLOGIE


 

Accueil

Présentation

Membres
du Laboratoire

Espace
jeunes chercheurs

Domaines
de recherche

Actualités

Publications

 

 

 

 

 

espaces et territoires

Cadres urbains en mutation
et
formes sociales de la vie citadine.

 

La ville contemporaine, sous la poussée des mobilités, a notablement renouvelé son vocabulaire urbanistique :

      - Vers l’extérieur inventant aussi bien de nouvelles centralités (grands centres commerciaux) que de nouveaux types d’espaces résidentiels et centrifuges (« péri urbain » plus ou moins « clôturé »),

      - Vers l’intérieur, revisitant ses quartiers centraux (patrimonialisation, gentrification)

      - Mais délaissant sans doute l’entre deux, les premières couronnes, avec les effets de disqualification qui s’en suivent

 Les approches des chercheurs prennent ici pour objet les formes de la vie sociale qu’on y observe, aussi bien dans ses parages résidentiels, que dans ceux qui canalisent la vie publique.
Bref, dans la « société des voisins » aussi bien que « dans la compagnie des passants ». 

La société des voisins
(Constance de Gourcy)

 Les parties communes (aussi appelées espaces intermédiaires) des résidences et des immeubles d'habitation, ces espaces mi-privés, mi-publics, dont le statut ambigu varie selon la configuration des sites habités et la manière d'en faire usage, relient la sphère privée du logement à celle de l'espace public environnant, celui du quartier et, au-delà, de la ville.
 Les parties communes peuvent se réduire à n'être qu'un espace de transition, qui soit le plus neutre possible, tel un simple escalier menant directement de l'appartement à l'espace public de la rue. Elles peuvent, comme dans les grands ensembles périurbains, s'étendre aux voies et à de multiples aménagements, situation qui brouille les distinctions urbaines conventionnelles entre espace privé et espace public. Elles sont souvent des lieux de rencontres obligées, où s'expérimente une vie sociale de voisinage. Comment ces espaces, par leur morphologie, favorisent-ils cette vie sociale ? Comment celle-ci se développe-t-elle autour du logement, point d'ancrage essentiel de la vie quotidienne ? De quelle manière les usages métaphoriques du couple dedans/dehors s'articulent-ils à des délimitations proprement spatiales et notamment à celles qui opposent le logement à son extérieur ? Enfin, et plus généralement, quelle est la place des parties communes dans le rapport à l'habitat ?

Ces différentes questions ont fait l’objet d’un programme de recherche développé dans le cadre d’un appel d’offre lancé en 2001 par la Mission du patrimoine ethnologique sous la direction d’Alain Morel auquel ont été associés de nombreux chercheurs.
Les principaux résultats attestés mettent l’accent sur les enjeux que représentent de tels espaces dans la construction de la civilité.
Ils ont donné lieu à la publication du cahier N° 21 de la collection Ethnologie de la France. Un ouvrage collectif est à paraître en mars 2005. Les références se trouvent dans la bibliographie de C. de Gourcy.

 Les chercheurs associés à ce programme : A.J. Arlot, Ph. Bonnin, A. Boubeker, N. Boukhobza, M. Breviglieri, E. Charmes, C. De Gourcy, B. Dussart, V. Feschet, J.P. Frey, A.M. Giffo-Levasseur, N. Golovtchenko, B. Guigou, B. Haumont, A. Honnorat, D. Lefrançois, C. Lelévrier, Cl. Lévy-Vroelant, Ch. Moley, A. Morel, H. Paris, E. Pasquier, L. Pattaroni, D. Pinson, Cl. Secci, F. Souchet, E. Thibault, O. Zeller.

 

 

La compagnie des passants

(Samuel Bordreuil)

 

La refonte morphologique des agglomérations urbaines a, outre ses effets pratiques, celui, proprement scientifique, de mettre à l’épreuve les conceptions en cours quant aux principes d’unité et d’intégration que l’on prête à la ville. Le « règne de l’urbain », c'est-à-dire de la vitesse, signifie-t-il vraiment la « mort de la ville » comme unité sociale ?

 

Dans ces configurations urbaines renouvelées, une entrée par l’espace public, et les pratiques qui s’y attestent, autorise une approche plus nuancée de cette thématique. Le passant en est le personnage principal, et si l’on ne sait pas toujours de quel ensemble urbain il est « sociétaire », il n’y est pourtant jamais quitte d’avoir à rendre sociables ses engagements circonstanciés relativement à d’autres engagements proches dont il escompte lui aussi la teneur sociable.

« Considérer le passant », en ces espaces -- et pour continuer le programme scientifique ouvert naguère par Isaac Joseph:

  •  d’une part, permet de reformuler la question de la "société urbaine" sur un mode mineur, mais cependant crucial, glissant, si l'on veut, de la ville comme ensemble social à la ville comme environnement sociable

  •  d’autre part, ouvre à l’observation un champ d’investigations souvent négligé par la sociologie urbaine : celui du répertoire renouvelé des pratiques d’espace public et de la manière dont leur composante éthique s’y trouve rejouée.

 

Qu’il s’agisse d’observer comment les déplacements urbains, non seulement ne « délient » pas leurs « mobiles », mais, parce qu’ils les enjoignent à composer leurs mouvements, sollicitent des grammaires partagées du mouvement ; ou encore, de travailler sur les pratiques conjointes des nouveaux espaces commerciaux, en y faisant saillir les compétences particulières des passants à l’orchestration de leurs mouvements – bouger à plusieurs -- et les enjeux qualifiants qui s’y indexent, la thématique explorée est bien celle de donner forme scientifique à l’énigme de cette « compagnie » cursive : celle dans laquelle entre les passants, et du simple fait qu’ils y passent.

 

 

 retour Domaine Espaces et Territoires