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espaces et territoires
Cadres urbains en mutation
La ville contemporaine, sous la poussée des mobilités, a notablement renouvelé son vocabulaire urbanistique : - Vers l’extérieur inventant aussi bien de nouvelles centralités (grands centres commerciaux) que de nouveaux types d’espaces résidentiels et centrifuges (« péri urbain » plus ou moins « clôturé »), - Vers l’intérieur, revisitant ses quartiers centraux (patrimonialisation, gentrification) - Mais délaissant sans doute l’entre deux, les premières couronnes, avec les effets de disqualification qui s’en suivent
Les approches des chercheurs prennent ici pour
objet les formes de la vie sociale qu’on y observe, aussi bien dans ses
parages résidentiels, que dans ceux qui canalisent la vie publique.
La société des voisins
Les parties communes (aussi appelées espaces
intermédiaires) des résidences et des immeubles d'habitation, ces espaces
mi-privés, mi-publics, dont le statut ambigu varie selon la configuration
des sites habités et la manière d'en faire usage, relient la sphère privée
du logement à celle de l'espace public environnant, celui du quartier et,
au-delà, de la ville.
La compagnie des passants (Samuel Bordreuil)
La refonte morphologique des agglomérations urbaines a, outre ses effets pratiques, celui, proprement scientifique, de mettre à l’épreuve les conceptions en cours quant aux principes d’unité et d’intégration que l’on prête à la ville. Le « règne de l’urbain », c'est-à-dire de la vitesse, signifie-t-il vraiment la « mort de la ville » comme unité sociale ?
Dans ces configurations urbaines renouvelées, une entrée par l’espace public, et les pratiques qui s’y attestent, autorise une approche plus nuancée de cette thématique. Le passant en est le personnage principal, et si l’on ne sait pas toujours de quel ensemble urbain il est « sociétaire », il n’y est pourtant jamais quitte d’avoir à rendre sociables ses engagements circonstanciés relativement à d’autres engagements proches dont il escompte lui aussi la teneur sociable. « Considérer le passant », en ces espaces -- et pour continuer le programme scientifique ouvert naguère par Isaac Joseph:
Qu’il s’agisse d’observer comment les déplacements urbains, non seulement ne « délient » pas leurs « mobiles », mais, parce qu’ils les enjoignent à composer leurs mouvements, sollicitent des grammaires partagées du mouvement ; ou encore, de travailler sur les pratiques conjointes des nouveaux espaces commerciaux, en y faisant saillir les compétences particulières des passants à l’orchestration de leurs mouvements – bouger à plusieurs -- et les enjeux qualifiants qui s’y indexent, la thématique explorée est bien celle de donner forme scientifique à l’énigme de cette « compagnie » cursive : celle dans laquelle entre les passants, et du simple fait qu’ils y passent.
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