laboratoire méditerranéen de SOCIOLOGIE


 

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domaine de recherche :  Espaces et territoires

 

Trajectoires urbaines et circulations migratoires

 

Ce domaine de recherche concerne l’étude des formes des migrations contemporaines, dans un contexte migratoire en pleine mutation, et s’inscrit dans une perspective internationale et transversale à de nombreux champs de la sociologie. Ses résultats, ses enjeux conceptuels et méthodologiques sont encore à intégrer au débat d’ensemble de la discipline.

Les approches développées dans les programmes en cours privilégient les thèmes suivants : les circulations transnationales ; la question des villes-frontières ; les trajectoires de femmes migrantes ; la situation juridique du migrant ; la dimension subjective du projet de migration

Du migrant à l’immigré subsaharien en Tunisie ?

 Sylvie  Mazzella en collaboration avec Hassan Boubakri (Université de Sousse, Tunisie)

 A partir d’une enquête de terrain en cours sur les conditions d’accueil et d’installation des étrangers subsahariens en Tunisie, il s’agit d’interroger plus largement les effets d’une récente politique migratoire dans les pays du Maghreb. De ce point de vue, la Tunisie est un bon analyseur de la politique de coopération menée à la fois en direction de la zone Europe, à travers l’application d’une nouvelle loi sur les conditions d’entrée et de circulation, et en direction de la zone Afrique, en tant que partenaire de l’Union Africaine et du NEPAD depuis 2001. La fonction d’accueil du grand Tunis est questionnée dans ce contexte : s’agit-il d’une zone d’attente, d’une zone d’arrivée, d’une zone d’expulsion ? Et pour quel type de migrant africain ?

Ce travail s’inscrit dans un programme pluridisciplinaire et international réunissant une quinzaine de chercheurs sur les circulations migratoires entre l’Afrique noire et le monde arabe. L’ objectif  de ce programme est de réfléchir sur l’espace migratoire qui s’est dessiné durant les années 1990 entre l’Afrique subsaharienne et l’Afrique du nord : sa construction, ses dimensions socio-spatiales, la manière dont il transforme en “ portes migratoires  les capitales d’Afrique du nord ” entre Europe et Afrique.
Dans le cadre de ce grand programme collectif qui concerne plusieurs équipes, Sophie Bava travaille sur la question des espaces religieux de transit pour les migrants originaires d’Afrique de l’Ouest. Au Niger dans un premier temps et en Égypte, l’objectif de ce travail est de montrer que les espaces religieux musulmans, confréries et universités plus particulièrement, sont devenus des espaces ressources pour les migrants en route pour l’Europe via les pays du monde arabe.

 3 programmes partenaires :

Territorialités sahariennes, financement ministère de la recherche “ ACI Espaces et territoires ”, resp. :Olivier Pliez, (CNRS, CEDEJ);

- Circulations migratoires transsahariennes et développement urbain au  Sahara Central resp. : Sassia Spiga (Université d’Annaba); financement CICRED “ Programme international de recherche sur les interactions entre la population, le développement et l’environnement” ;

- Les migrants, des acteurs invisibles du développement urbain durable ? financement PIR-CNRS “ Développement Urbain Durable (DUD) ”, resp. S. Bredeloup (IRD-`LPED).

 Livraison d’un numéro de la revue Autrepart-IRD (mars 2006).

 Les formes sociales de la circulation migratoire  trans-européenne :

Swanie Potot

 Les changements de conjoncture sociale, politique et économique survenus en Europe dans les années 1990 obligent à reconsidérer les mouvements migratoires dans cet espace et, plus largement, amènent à intégrer dans l'analyse des dimensions jusque là tenues séparées. D'une part, le caractère de clandestinité que revêtent souvent les migrations contemporaines doit être mis en regard de l'évolution de la sphère économique dans un espace de plus en plus mondialisé, qui a profondément changé la structure du marché du travail des pays les plus industrialisés et la place que peuvent y occuper les travailleurs étrangers. D'autre part, l'ouverture soudaine des frontières des pays d'Europe de l'Est vers l'ensemble des Etats du monde a ouvert la voie à de nouvelles migrations à l'intérieur même de la grande Europe. Enfin, dans le même temps, la construction de l'Union Européenne s'est accompagnée d'une volonté de fermeture des frontières de plus en plus marquée et d'une marginalisation de l'immigration. Ces conditions ont dès lors contribué à l'émergence de nouvelles formes migratoires fondées sur la capacité des acteurs migrants à circuler et à investir certaines niches d'emploi précaires en dépit des restrictions législatives les concernant. Les recherches à venir proposent d'analyser la dimension sociale de ces phénomènes et de se pencher sur les différents types d'organisation informelle qui ordonnent ces mouvements.

La mondialisation et les villes-frontières en Méditerranée

Natalia Ribas Mateos.

Les impacts de la mondialisation sont analysés par rapport à des restrictions frontalières qui contrastent fortement avec des mobilités de personnes, entre autres, dans la région méditerraneénne. On met l’accent sur des mobilités dans des espaces frontaliers particuliers, des villes spécifiques, la ville devenant ainsi un site stratégique pour la création de nouvelles représentations de la frontière.
Dans cette analyse les processus à interroger pour évaluer l’impact de la mondialisation économique seraient sans doute ceux impliqués dans les nouvelles relations de travail caractérisées par une tendance à l’informalisation, les nouvelles structures du salariat caractérisées par les zones de «  export processing » et la configuration des ménages touchés par les nouvelles formes que prend l’immigration internationale (féminisation des flux de main d’œuvre, économies qui dépendent de transferts d’argent de l’étranger, diversification de la typologie des migrants etc.).Deux villes extérieures à l’UE, Tanger et Tirana fournissent de très bons exemples pour une étude approfondie des nouvelles frontières symboliques, pour mieux appréhender les nouvelles mobilités et l’impact de la mondialisation au niveau de ménages.
-En ce qui concerne les villes-frontières qui ont fait l’objet de notre recherche, les aspects suivants seront particulièrement pertinents : l’organisation spatiale de l’économie de la ville, la pauvreté urbaine liée à la migration, les conséquences de la relocalisation industrielle (féminisation de l’offre du travail, transformation des hiérarchies liées au genre) et le statut de la ville en tant qu’acteur financier dans le pays. 

 Femmes et circulations migratoires :

Cette étude, dirigée par Michel Peraldi, est menée par Melissa Blanchard (doctorante LAMES) et Véronique Manry (doctorante LAMES), en collaboration avec Camille Schmoll (LOUEST, Paris X / Università degli Studi Federico II, Naples).

Trop longtemps, les migrations féminines, notamment maghrébines et africaines, ont été considérées comme une conséquence et un corollaire de l’immigration masculine. Or, depuis une vingtaine d’années, nous constatons la présence de plus en plus importante de femmes qui circulent ou émigrent à partir de projets individuels et volontaires. Ce phénomène nous amène à nous interroger sur la place des femmes dans la migration et à renouveler le regard anthropologique sur ces figures féminines, à comprendre en quoi cette émigration est révélatrice à la fois de transformations des sociétés de départ et des nouvelles formes de circulations qui travaillent l’espace euroméditerranéen.

  Ce programme de recherche s’appuie sur une étude en cours financée par le Conseil Régional PACA intitulée « Destins et carrières de femmes migrantes. Circulations, travail indépendant et promotion sociale de femmes maghrébines & africaines ».

Il s’agit d’une part de proposer une étude de parcours migratoires féminins, et d’autre part, par une compréhension anthropologique de trajectoires individuelles, de montrer que ces figures féminines peuvent être analyseur de nouvelles configurations migratoires et circulatoires. Nous saisirons 4 figures-types contrastées de parcours et de stratégies qui nous semblent représentatives de types de carrières professionnelles menées par ces femmes « entrepreneurs d’elle-même ». Cette typologie, prenant en compte les types d’activités exercées et les inscriptions territoriales de ces femmes, correspond à quatre univers sociaux et professionnels différents :
- Le commerce à la valise entre le Maghreb et l’Europe (Marseille, Naples)
- Les activités commerciales sédentaires (Marseille et région PACA)
- La prostitution volontaire (Marseille, Naples)
- La participation associative (Marseille et région PACA, région de Naples)

 Dans le cadre de ce programme, s'est tenu un colloque international du 16 au 19 Novembre 2005 à Tanger sur le thème "Mobilités au féminin" (cf. archives des colloques). Cette manifestation a été organisée par Véronique Manry et Natalia Ribas Mateos. L’objet de ce colloque était de mettre en valeur les travaux menés sur la présence des femmes dans les migrations internationales et de présenter toute la diversité des stratégies migratoires et des formes de mobilités développées par les femmes, les répercutions sociales de ces mobilités dans les pays d’origine et leurs modalités d’inscription sociales, territoriales et économiques.

 Demandeurs d’asile et catégorisation d’Etat

Sylvie Mazzella

Dans un contexte de réforme du droit d’asile en Europe, à un moment où de nombreux experts et chercheurs s’accordent à énoncer la crise voire la fin du droit d’asile de la convention Genève, la recherche en cours analyse l’évolution gestionnaire de la procédure d’asile en France. Elle centre l’analyse sur les transformations de la pratique administrative des agents préfectoraux mandatés entre 1999 et 2004 pour l’instruction de dossiers de demandeurs d’asile territorial, majoritairement algériens.  L’étude met en évidence le travail de réinterprétation des règles juridiques par les petits agents de l’Etat dans leur catégorisation du bon et du mauvais demandeurs d’asile ; et souligne deux modalités d’action opposées des agents dans ce contexte de réforme, l’une basée sur la sélection et l’autre sur l’élimination.

 Un article “ Vie et mort du droit d’asile territorial ” est à paraître en 2005 dans la revue Sociétés Contemporaines

La migration urbaine volontaire

 De Gourcy Constance

 Phénomène connu et constant dans l’histoire de l’humanité, le fait migratoire se décline à travers différentes formes. Au croisement de l’histoire et du temps, il se présente comme un révélateur de l’expérience de la mouvance humaine. Dans cette perspective, il semble opportun d’explorer la dimension autonomique qui peut s’exprimer dans la migration, celle qualifiée par les migrants eux-mêmes de volontaire. Quand le ressort n’est pas la contrainte (hétéronomie de l’action) mais l’obligation (autonomie de l’action), il en résulte de nouvelles approches des processus de subjectivation à l’œuvre dans ce type de migration. Aussi, il s’agit de se pencher, dans une perspective compréhensive, sur la façon dont le migrant informe l’acte même de migrer et donne sens à son activité. Apparaissent également, dans ce type de migration, les enjeux liés à la dimension mémorielle des lieux. La territorialité se définit ainsi en tenant compte des notions de sédentarité et de mobilité dans un contexte où les pratiques d’inscription, toujours à réaffirmer, ont pour horizon la migration.

   Ouvrage paru : L’autonomie dans la migration. Réflexion autour d’une énigme, Paris : L’Harmattan, col.Logiques Sociales, 2005,

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